CHAPITRE XVI

Un mois plus tard, exactement, Davey, tante Sadie et moi, les oreilles bourdonnant encore des lamentations de Jassy et de Victoria, roulions vers Hampton pour assister au mariage de Polly.

Les petites Radlett n’avaient pas été invitées. Elles en concevaient une grande amertume, qu’elles exprimaient avec force :

« Polly est horrible ! Elle méprise les Initiés et nous la détestons ! Nous nous sommes mis les doigts en sang pour lui fabriquer une échelle de corde ; nous étions prêtes à cacher le Satyre dans notre placard, à partager notre nourriture avec lui, sans compter tout le reste… Il n’y a pas de risques que nous n’aurions pris pour leur procurer, à tous deux, quelques instants de bonheur ! Est-ce notre faute s’ils n’ont pas assez de tempérament pour profiter des chances que nous leur offrions ? Et maintenant elle ne nous invite même pas à son mariage ! Enfin, Fanny, tout de même, c’est raide !

— Ce n’est pas moi qui le lui reprocherai, dis-je. Un mariage est une chose sérieuse et elle n'a pas envie d’être dérangée pendant toute la cérémonie par vos ricanements et vos fous rires.

— Nous avons ricané à ton mariage ?

— Oh ! sûrement. Mais l’église était grande et pleine de monde. Je ne vous ai pas entendues. »

Oncle Matthew, par contre, avait été invité, mais il nous dit qu’il n’irait pour rien au monde.

« Ce serait plus fort que moi, ajouta-t-il, j’étranglerais ce pourceau ! Ce Boy ! poursuivit-il avec un mépris écrasant. Une seule chose m’intéresse : vous entendrez prononcer son véritable nom ; écoutez bien et notez-le pour moi. J’ai une envie folle de mettre une fiche à son nom dans un tiroir. »

Oncle Matthew croyait dur comme fer – c’était une de ses superstitions favorites – que si vous écriviez le nom de quelqu’un sur un morceau de papier et enfermiez le papier dans un tiroir, la personne visée ne manquait pas de mourir au cours de l’année. Les tiroirs d’Alconleigh étaient pleins de petits débris de papier, portant les noms des créatures dont mon oncle souhaitait débarrasser l’univers : personnes du voisinage ou hommes célèbres tels que Bernard Shaw, de Valera, Gandhi, Lloyd George et le Kaiser ; il n’était pas un tiroir, dans toute la maison, qui ne contînt le nom de Labby, le chien de Linda. Le sortilège, cependant, ne semblait guère efficace, car Labby poursuivait une vieillesse paisible et avait depuis longtemps dépassé l’âge moyen des chiens du Labrador ; cet échec éclatant n’affaiblissait en rien la foi d’oncle Matthew et si, de temps à autre, quelques-unes de ses victimes mouraient des suites de leur grand âge, mon oncle montrait, pendant un jour ou deux, le visage d’un homme tout à la fois repentant et satisfait.

« Son nom ? dit tante Sadie en regardant Davey. Nous l’avons entendu sûrement lors du mariage de Patricia, mais je ne m’en souviens pas. Et vous ? J’ai l’impression qu’il ressemblait à l’un de ces noms patronymiques comme Stanley ou Norman. C’est si loin déjà ! Une éternité ! Pauvre Patricia, que dirait-elle de tout cela !

— S’était-elle mariée, elle aussi, dans la chapelle de Hampton ? demandai-je.

— Non. À Londres. Et j’essaie de me rappeler où. Lord Montdore et Sonia s’étaient mariés à l’Abbaye de Westminster, bien entendu. J’en garde un exact souvenir parce que Emily était demoiselle d’honneur et que j’en crevais de jalousie. Ma nurse me conduisit à la cérémonie, mais nous restâmes à l’extérieur de l’Abbaye, car Mamma était persuadée que nous aurions, de là, une vue meilleure que du dedans, à demi enfouies derrière un des tombeaux qui garnissent la nef. Ce fut un mariage royal, ou presque. J’avais naturellement débuté déjà dans le monde lorsque vint le tour de Patricia – à Sainte-Margaret, je crois. Oui, j’en suis à peu près sûre maintenant. Nous pensions toutes qu’elle était bien trop âgée pour se marier en blanc : trente ans ou quelque chose de terrible dans ce genre !

— Mais elle était très belle, dit Davey.

— Oui, d’une beauté que l’on retrouve chez Polly ; mais Patricia n’eut jamais ce je ne sais quoi qui rend Polly indiscutablement et radieusement belle. Je voudrais bien savoir pourquoi ces femmes, ravissantes toutes deux, ont eu la tête tournée par ce vieux Satyre. Ce n’est pas naturel.

— Pauvre Boy », dit Davey en soupirant avec sympathie.

Oncle Davey, qui avait, au terme de sa cure, rejoint tante Emily dans le Kent, était revenu à Alconleigh, où il se trouvait à pied d’œuvre pour se rendre à Hampton et y servir de témoin à Boy Dougdale. Il avait accepté – disait-il – en souvenir de Patricia, mais plutôt, à mon avis, parce qu’il mourait d’envie d’assister au mariage ; il était ravi, d’ailleurs, de justifier ainsi ses courses incessantes entre Silkin et Hampton et d’être au courant de tout ce qui se passait dans ces maisons frappées toutes deux par le même maléfice.

Polly était retournée à Hampton. Elle ne se souciait nullement de se constituer un trousseau et, comme l’annonce des fiançailles et celle du mariage devaient paraître simultanément dans le Times (« cérémonie tout intime en raison d’un deuil récent » : la rédaction était l’œuvre de Davey), elle n’avait aucune lettre à écrire, aucun cadeau à dépaqueter, bref aucune de ces mille occupations qui précèdent généralement un mariage. Cédant à l’insistance de son père, elle avait consenti à recevoir le notaire de celui-ci, qui était venu de Londres tout exprès, pour lui expliquer, en bonne et due forme, que tous les biens qui, aux termes du testament de Lord Montdore, devaient lui revenir, à elle et à ses enfants, c’est-à-dire l’hôtel Montdore, à Londres, le château de Craigside en Écosse, le domaine du Northumberland et les mines qui s’y trouvaient, les nombreux immeubles londoniens, d’une valeur considérable, un ou deux chantiers de constructions maritimes, enfin deux millions de livres sterling environ, étaient désormais attribués en pleine propriété au seul héritier mâle de Lord Montdore, Cedric Hampton. Si les choses avaient suivi leur cours normal, Cedric n’eût hérité que Hampton Park et les titres de Lord Montdore ; mais, par la grâce de ce testament nouveau, il était appelé à devenir l’un des cinq ou six personnages les plus riches d’Angleterre.

« Comment Lord Montdore prend-il les choses ? demanda tante Sadie, lorsque Davey, au retour d’une échappée à Hampton, via Silkin, rapporta ces nouvelles.

— Bien difficile à dire. Sonia est anéantie, Polly est nerveuse, mais Montdore demeure identique à lui-même. Vous jureriez, à le voir, que rien n’est changé dans sa vie monotone.

— C’est un vieux niais, je l’ai toujours dit. Mais, saviez-vous, Davey, qu’il était aussi riche ?

— Oh ! oui, c’est une des plus grandes fortunes d’Angleterre.

— Et Sonia qui se montre si ladre, sur les petites choses ! Combien de temps, à votre avis, demeurera-t-il ferme dans sa décision de déshériter Polly ?

— Aussi longtemps que Sonia sera en vie. Elle n’est pas près d’oublier le tort que Polly lui fait, soyez-en sûre. Et Lord Montdore ne lève pas le petit doigt sans son agrément.

— C’est vrai. Et Boy ? Comment se fait-il à l’idée de vivre, une fois marié, avec huit cents livres par an ?

— Il s’y fait mal. C’est une idée qui lui déplaît. Il envisage de louer Silkin et d’aller vivre à l’étranger, quelque part où la vie soit bon marché. Je lui ai conseillé d’écrire davantage. Il ne s’en tire pas si mal, vous savez ; mais il est extrêmement déprimé, le pauvre vieux.

— Cela lui fera du bien, dis-je, de partir pour quelque temps.

— Hum ! Oui, répondit Davey d’un air qui en disait long. Mais…

— Et je me demande à quoi peut bien ressembler Cedric Hampton ?

— Nous nous le demandons tous. Boy en parlait récemment, mais on ignore même où il se trouve. Son père était un drôle de phénomène ; il partit pour la Nouvelle-Écosse, y tomba malade et épousa son infirmière, une vieille Canadienne, qui n’eut que ce fils. Puis il mourut – le père – et là s’arrêtent nos informations. Montdore fait à Cedric une petite pension, versée annuellement au compte d’une banque canadienne. Ne trouvez-vous pas étrange qu’il ne se soit pas intéressé davantage à ce garçon qui portera son nom et représente, à lui seul, tout l’avenir de cette magnifique famille ?

— Sans doute Montdore était-il brouillé avec le père de Cedric ?

— Je ne crois pas qu’il l’ait même jamais rencontré. Ils appartenaient à des générations bien différentes – cousins d’issus d’issus de germains, ou quelque chose de ce genre. C’est à Sonia, je pense, qu’il faut attribuer cette attitude indifférente ; elle ne pouvait supporter l’idée que Hampton échapperait à Polly, et elle en arrivait à se persuader que ce Cedric n’existait pas – vous savez son talent pour ignorer délibérément les choses ou les gens qui lui déplaisent. Il lui faudra bien, désormais, se rendre à l’évidence ; Montdore désirera sûrement faire la connaissance de ce neveu qui devient son légataire universel.

— Ce gros colonial, maître de Hampton ! Triste perspective, ne trouvez-vous pas ?

— Tragique, vous voulez dire, renchérit Davey. Pauvres Montdore, je comprends leur détresse. »

Les précisions fournies par Davey me découvrirent un aspect nouveau de l’aventure, dont j’ignorais jusqu’alors les incidences matérielles. Je comprenais maintenant que « tout ça » représentait un ensemble presque fabuleux de richesses, dont il paraissait invraisemblable qu’elles pussent être léguées, en bloc, à un garçon totalement inconnu.

Lorsque nous arrivâmes à Hampton, Davey se rendit auprès de Boy ; tante Sadie et moi fûmes conduites directement à la chapelle, où nous nous assîmes dans une solitude complète.

La chapelle, d’époque victorienne, était située au milieu des dépendances. Elle avait été construite par le « vieux Lord » et contenait, outre son effigie en grand costume de la Jarretière, et celle de sa femme Alice, taillées toutes deux dans le marbre, des vitraux lumineux, de très belles orgues et des stalles réservées à la famille, d’un dessin rappelant celui des loges d’opéra, avec abondance de velours rouge et rideaux latéraux. Davey s’était assuré le concours d’un excellent organiste d’Oxford, qui nous joua quelques Préludes de Bach. Aucune des parties intéressées ne semblait s’être souciée de mettre au point les détails de la cérémonie. Davey avait choisi lui-même la musique, et le jardinier, livré à sa propre inspiration, avait noyé la chapelle sous une abondance de ces fleurs de serre qu’adorent toujours les jardiniers et dont la disposition faisait songer à une exposition horticole. Je me sentis envahie par une insurmontable tristesse : les préludes, les fleurs, cette chapelle déserte, tout incitait à la mélancolie. Qu’on le voulût ou non, ce mariage apparaissait comme une déprimante aventure.

Montant par l’allée latérale, accompagné de Davey, Boy vint nous serrer la main. Il s’était enfin débarrassé de son rhume et semblait très en forme ; je remarquai que ses cheveux ondulaient savamment et bouclaient même ici et là ; sa silhouette, assez élégante, de dos surtout, était mise en valeur par sa jaquette de bonne coupe. Il portait un œillet blanc à sa boutonnière, et Davey un œillet rouge. En dépit du soin apporté à sa toilette, Boy manquait de conviction dans le rôle nouveau qu’il ajoutait à son répertoire ; il évoquait moins un fiancé montant vers l’autel qu’un proche parent conduisant un deuil. Davey dut lui montrer sa place, près des marches du chœur. Je n’avais, de ma vie, vu un homme aussi désemparé.

Le pasteur s’avança devant l’autel ; son visage marquait clairement sa désapprobation. Au même instant, Lady Montdore apparut, à notre gauche, dans l’enceinte réservée à la famille, qui possédait une entrée particulière. Je n’osais pas la dévisager avec trop d’insistance, mais je notai, d’un coup d’œil, qu’elle semblait prête à défaillir. Boy lui lança un bref regard, et tout, dans son attitude, montrait clairement le désir où il était de se glisser près de sa vieille amie et d’avoir avec elle une bonne longue conversation. C’était la première fois qu’il revoyait Lady Montdore depuis leur discussion sur la lettre de l’infante.

L’organiste s’arrêta sur un dernier prélude qu’il jouait, depuis quelques minutes, avec une conviction décroissante. Tournant la tête, je vis Lord Montdore, debout sous le porche d’entrée. Serein, bien conservé, figé dans une excessive perfection, on eût dit qu’il s’apprêtait à conduire sa fille au long de la grande nef de l’Abbaye de Westminster pour la donner en mariage au roi d’Angleterre.

 

O Perfect Love, all Human Thought Transcending…

 

L’hymne, chanté dans la tribune par un chœur invisible, résonna sous la voûte.

Et alors, calme et confiante, rayonnante de noblesse et de bonheur, Polly, une main pâle posée sur le bras de son père, s’avança lentement dans l’allée centrale, dissipant, par sa seule présence, la gêne mélancolique qui pesait comme un brouillard dans la chapelle.

Elle avait réussi, je ne sais comment, à se procurer une robe de mariée – ou bien était-ce une des robes de sa dernière « saison » de Londres ? Mais peu importe ! – et elle émergeait, ravissante, d’un nuage de tulle blanc et de muguets. La plupart des jeunes mariées ne savent quelle contenance adopter lorsqu’elles montent ainsi vers l’autel ; elles apparaissent affectées, tourmentées ou – ce qui est pire – exagérément impatientes ; mais Polly semblait flotter au sein d’une pure félicité et dessinait une figure dont la beauté ne s’effacera jamais de ma mémoire.

Soudain, à notre gauche, un bruit sourd nous fit sursauter ; la porte de la loge familiale claqua. Lady Montdore était partie.

Le pasteur commença de psalmodier les paroles rituelles. « Étant donné que… » etc. « Qui donne cette femme en mariage à cet homme ? » Lord Montdore s’inclina légèrement, débarrassa Polly de son bouquet et rejoignit le banc le plus proche.

« Veuillez répéter après moi : « Moi, Harvey, je te prends, Léopoldina, pour mon épouse… »

Tante Sadie, qui avait bien écouté, m’adressa un clin d’œil.

Tout fut bientôt terminé. Un hymne encore, et je demeurai seule à ma place, pendant que les assistants allaient signer sur le registre, derrière un rideau.

Dans le fracas de la marche nuptiale de Mendelssohn, Polly glissa vers la sortie, aussi radieuse et noble qu’à son entrée, mais au bras, cette fois, d’un autre vieil homme bien conservé.

 

Pendant que Polly et Boy se changeaient et revêtaient leurs costumes de voyage, nous attendîmes dans la Longue Galerie pour leur dire au revoir et assister à leur départ.

Ils se rendaient en auto à l’hôtel Lord Warden, à Douvres, où ils comptaient passer la nuit pour s’embarquer le lendemain. J’espérais un peu que Polly m’enverrait chercher et que je la rejoindrais dans sa chambre pour y avoir, avec elle, un dernier entretien. Elle n’en fit rien cependant, et je restai, en bas, avec les autres. Sans doute était-elle heureuse au point de n’avoir pas remarqué notre présence ; ou, peut-être, préférait-elle demeurer seule.

Lady Montdore ne reparut pas. Lord Montdore s’entretenait avec Davey et le félicitait d’une Anthologie, récemment publiée par les soins de mon oncle et intitulée « De la maladie à la santé ». Je l’entendis qui déclarait qu’à son avis Browning était insuffisamment exploité, mais que, cette réserve faite, toutes les citations lui paraissaient des plus judicieuses.

« Mais Browning jouissait d’une si belle santé ! » objecta Davey.

Tout l’accent du livre portait en effet sur la maladie.

Un valet de pied passa parmi nous, un plateau garni de coupes de champagne entre les mains. Tante Sadie et moi nous installâmes – comme l’habitude s’en prenait toujours à Hampton – devant la table des revues illustrées et feuilletâmes longuement le Tatler, le Sketch et le Bystander ; Polly fut si longue à descendre que j’en arrivai, en désespoir de cause, à parcourir le Country Life, dernier de la série. Mais, au delà du chatoyant défilé des épouses de baronnets, souriant gracieusement parmi leurs enfants, leurs chiens, leurs tweeds et leurs châteaux, au delà des gros plans montrant des cheveux d’or et des clips de diamants, je percevais nettement que l’atmosphère, dans la Longue Galerie comme à la chapelle, demeurait glaciale et angoissée. Boy, lorsqu’il descendit enfin, jeta un regard horrifié sur les débris déchiquetés de l’écran de foyer, puis, comprenant sans doute qui était à l’origine de ce méfait, se réfugia dans l’embrasure d’une fenêtre et nous tourna le dos. Personne ne lui adressa la parole. Lord Montdore et Davey ayant dit de l’Anthologie tout ce qu’il y avait à en dire, buvaient leur champagne en silence.

Polly apparut bientôt. Elle portait son manteau de vison de l’an passé et un petit feutre brun. Dépouillée de son nuage de tulle, elle irradiait encore la même félicité profonde ; sans le moindre embarras, elle étreignit son père, nous embrassa tous, Davey compris et, passant son bras sous celui de Boy, entraîna son mari vers la porte. Nous les suivîmes. Les domestiques, le visage attristé et les plus âgés d’entre eux reniflant leurs larmes, étaient réunis dans le hall ; la plus jeune des femmes de chambre lança, selon la coutume, mais sans gaîté, quelques poignées de riz ; Polly leur dit au revoir à tous, puis, suivie mélancoliquement de Boy, monta dans la grande Daimler, qui fila aussitôt vers les grilles.

Nous prîmes poliment congé de Lord Montdore et partîmes à notre tour. Lorsque nous fûmes arrivés au bas de l’avenue, je me retournai : les valets avaient déjà refermé la grande porte d’entrée et il me sembla que la magnifique demeure, qui se profilait sur le vert tendre et printanier des pelouses et le bleu pâle d’un ciel de fin d’hiver, serait désormais déserte et lugubre pour toujours. Toute jeunesse l’avait quittée ; Hampton n’était plus que le triste foyer de deux vieillards.

L'amour dans un climat froid
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